Les amateurs de beau jeu n’avaient qu’à passer leur chemin, ce samedi, s’ils traînaient dans les ruelles situées en léger surplomb du stade de Sapiac. Car de grandes envolées, il n’y a point eu entre un Montauban mis sous pression juste avant le coup d’envoi par la victoire de Perpignan sur Toulouse et un Clermont clairement venu avec l’ambition d’imposer sa loi dans le jeu réduit. Mission accomplie donc pour cette ASM qui a dominé avec le bonus offensif et autorité le promu montalbanais qu’elle avait déjà corrigé à l’aller dans un tout autre style (81-34).
Ce samedi, dans le froid sapiacais, il faisait bon être un avant « jaune et bleu » pour se tenir chaud. Les hommes de Christophe Urios ont fait du petit bois de leurs homologues en phase de conquête, notamment sur les groupés pénétrants qui ont accouché au total de trois des six essais inscrits. L’ASM n’a donc jamais vraiment tremblé dans cette partie qu’elle a attaquée du bon pied - mais sans celui d’Harry Plummer, auteur d’un vilain 2/6 face aux perches et peu en réussite sur ses pénaltouches - en faisant vite la différence à la marque (0-17, à la demi-heure de jeu).
Tout pour les maulsSon point de bonus a parfois vacillé en raison de son indiscipline (15 pénalités concédées) et du cœur mis par les joueurs de l’USM pour tenter de rester au contact. Mais ceux-ci ont néanmoins affiché un niveau trop moyen. Avec une première incursion dans les 22 mètres auvergnats à la 39e, 18 pénalités concédées au total et 5 touches égarées en position favorable dans les dix dernières minutes… Difficile d’espérer quoi que ce soit dans un match de Top 14.
« En fait, on a nourri Clermont de ce qu’ils voulaient. Je pense qu’ils avaient un “game plan” très clair avec les ballons portés et on leur a donné ces munitions sur la première mi-temps en commettant trop de fautes, regrettait après coup Sébastien Tillous-Bordes, le manager tarn-et-garonnais. Derrière, on a le temps de revenir, mais tu ne peux pas revenir si ta conquête n’est pas plus propre. En perdant autant de ballons en touche, tu ne peux pas rivaliser. »
En revanche, si l’adage veut qu’une conquête dominante facilite le travail des arrières dans leur propension à créer du jeu, cela n’a franchement pas été le cas, ce samedi, côté clermontois. Mis à part un George Moala de plus en plus impactant au centre du terrain et auteur d’un nouvel essai où il laisse sur le carreau pas moins de cinq défenseurs, il n’y a franchement pas eu de magie. Pourtant, sur un terrain synthétique et avec une telle emprise sur le match, il y avait peut-être matière à produire un peu plus…
Christophe Urios (Manager de l'ASM Clermont)« Ce n’est pas un match léché, mais on n’était pas venu pour ça. On n’est pas là pour montrer qu’on sait jouer au rugby, on est là pour gagner les matchs, donc basta. Dans la production du jeu, il y a encore du travail, mais on est qu’à mi-saison. »
Toujours est-il qu’avec ce deuxième succès de rang en Top 14, l’ASM est sur le chemin d’une série positive. Celle-là même qui lui permettra de faire la bascule au classement. À confirmer au Michelin face à La Rochelle lors de la prochaine journée, donc. Mais d’abord, il faudra entretenir la flamme en Coupe d’Europe lors des deux semaines à venir alors que les enjeux ne seront pas légion…









