La « trilogie des U » est passée. Si elle pouvait difficilement plus mal commencer du côté de l’USAP (26-20), elle a finalement regagné en densité face à l’UBB (34-19) et l’USM (19-34). Sur le plan comptable, Clermont a donc engrangé 9 points sur les 15 possibles. Il est encore trop tôt pour savoir si ceux laissés en route à Perpignan manqueront au moment du décompte final. Mais ce voyage en Catalogne aura au moins eu le mérite de remettre la tête à l’endroit aux joueurs de Christophe Urios.
« Éparpillés » depuis la reprise à Lyon, selon les termes du manager clermontois, ceux-ci ont retrouvé du liant, de l’engagement et de l’intensité face à Bordeaux-Bègles, puis à Montauban. Deux succès quasi exclusivement bâtis sur une conquête retrouvée. « Contre Bordeaux, après une semaine hyper dangereuse sans entraînement, on a été capable de se remettre dedans avec des avants conquérants, rappelle Christophe Urios. Et cette semaine, idem. Cela reste notre ADN et le rugby, ce sont des avants forts. »
Face à l’urgence comptable, Clermont s’est donc retrouvé sur ses points forts. Sa science du ballon porté a encore fait des ravages à Sapiac, samedi, avec trois essais inscrits de la sorte sur six au total. Sur le fond, l’ASM a indéniablement réussi sa mission à Montauban avec ces cinq points. En revanche, sur la forme, il y a encore à redire. Car le jeu pratiqué dans le Tarn-et-Garonne, face à un adversaire pour le moins faiblard, a encore frôlé le néant au niveau des lignes arrière.
Se rassurer par la base« Leur troisième ligne a fait un gros travail. Il faut le souligner parce qu’ils nous ont fait la guerre sur les rucks, ils nous ont ralenti beaucoup de ballons, expliquait Selevasio Tolofua en conférence de presse. On n’a pas pu mettre notre jeu en place, alors on s’est concentré sur nos forces. »
Agressive au sol, l’USM est aussi une formation qui met beaucoup de pression sur la largeur pour empêcher les offensives adverses de se déployer. Plusieurs de ses tentatives d’interceptions ont d’ailleurs failli faire mouche. Il s’agissait donc aussi pour Clermont de limiter les risques. En ce sens, les consignes d’avant-match étaient visiblement assez claires. « Ce n’était pas un match léché, mais on n’était pas venu pour ça, explique Christophe Urios. On n’est pas là pour montrer qu’on sait jouer au rugby, on est là pour gagner les matchs, donc basta. Dans la production du jeu, il y a encore du travail, mais on est qu’à mi-saison. »
Si l’approche tactique est une chose, Clermont est encore trop lisible dans son jeu d’attaque par manque de vitesse, de mouvement, de créativité et de magie. La faute à un manque de confiance ? C’est en tout cas ce que semble avoir ressenti Sébastien Tillous-Borde, le manager de Montauban.
Sébastien Tillous-Borde (Manager de Montauban)« Ils ont fait un très gros match devant, ils nous ont surpassés. Après, ils n’étaient pas capables de jouer derrière. Ça se voit, ils ne sont pas en confiance en ce moment sur leur jeu d’attaque. »
Alors pour se rassurer en cette période de trouble, rien de mieux qu’un bon maul ! « C’est notre point fort. C’est ce qui nous permet de nous remettre dans le droit chemin quand on voit qu’on surjoue et qu’on a pas mal de déchets dans notre jeu, témoigne Selevasio Tolofua. C’est important, dans ces moments, de se reconnecter avec la mêlée, les mauls, la défense, etc. »
On l’aura donc compris, pour Christophe Urios et ses hommes, retrouver et entretenir cette souveraineté devant sera la base de cette deuxième partie de saison. Pour obtenir des résultats d’abord, et éventuellement déployer du jeu ensuite. « On construit. Sur la phase retour, il faut qu’on retrouve cette connexion avants - trois-quarts, intime le troisième ligne centre. Mais déjà, si on a cette base en étant solide devant, ce sera beaucoup plus facile de lancer le jeu derrière. Ça se fera match après match. » Patience donc.
L’ASM a été beaucoup pénalisée à Montauban avec 16 fautes sifflées à son encontre. Son plus haut total de la saison après son déplacement à La Rochelle (15). De quoi faire grimper sa moyenne à 10,4 pénalités après 14 matchs de Top 14.








