Posté 17 octobre 2013 - 18:44
La LNR et la FFR ont décidé dappliquer une nouvelle règle concernant le pourcentage JIFF. En effet, dès la saison prochaine, les feuilles de match devront être composées à 55% de joueurs JIFF (Joueurs Issus de la Formation Française).
Totalement en désaccord avec cette nouvelle règle, le président Toulonnais Mourad Boudjellal sest posé la question, ce matin en conférence de presse de savoir comment, les clubs qui possèdent sept ou huit internationaux français vont faire pour respecter une telle règle. Extrait:
« Quid de ceux qui ont sept ou huit joueurs pris en équipe de France ? Comment ils font pour aligner autant de JIFF sur une feuille de match puisquils en ont déjà sept ou huit en équipe de France ? Ils ne peuvent pas les remplacer par des joueurs Français, puisque cela voudrait dire quils sont aussi bons que ceux qui sont en équipe de France. Donc ils vont forcément les remplacer par des étrangers. Quid de ça ? Idem pour le salary cap. Quid des équipes qui ont sept ou huit joueurs en équipe de France et qui doivent les remplacer ? Ils doivent payer deux fois des joueurs internationaux et donc dépasser le salary cap. Les gens qui, aujourdhui font ce genre de règlement ne maîtrisent pas bien les tenants et les aboutissants du monde de léconomie du rugby. Il ny a pas dentrepreneur dans le comité directeur de la ligue ou très peu. Ce sont plutôt des gens qui ont été habitué à gérer largent des autres quà créer de largent et ça se ressent énormément dans leurs décisions. »
Mourad Boudjellal rappelle également que, lorsquil a décidé de reprendre le RCT, son projet était bien de faire en sorte que Toulon soit champion de France et non que léquipe de France soit championne du monde. Extrait:
« Il faut que la fédération comprenne que mon projet, lorsque jai repris le club de rugby cest pour que Toulon soit champion de France, ce nest pas pour que léquipe de France soit championne du monde. Sils prenaient les problèmes à lendroit, sils avaient rémunéré la formation dès le début, sils avaient mis en avant la formation plutôt que de filer 60 000 euros à un centre de formation délite cest ce quon touche nous. On a un centre de formation délite et on touche 60 000 euros pour former des joueurs de rugby français. Sils avaient créé un véritable modèle économique et que les centres de formation soient des centres de profit pour les clubs, on naurait pas ce problème aujourdhui des joueurs français. Mais le problème on la: cest la nullité dun amateurisme dune fédération dépassée par le rugby professionnel. Ils ne comprennent plus les tenants et aboutissants: comment grandir et concurrencer les autres ? Ils fonctionnent comme à lépoque, lorsque les clubs étaient amateurs, où être sélectionné en équipe de France cétait un honneur et un salaire. Ils pensent que les clubs sont encore aujourdhui à leurs dispositions. Ce nest plus le cas. Les clubs sont des entreprises privées avec des engagements économiques très forts. Si on peut aider léquipe de France, on le fera. Dautant plus volontiers si en plus ils nous permettent davoir deux tickets pour voir les matches de léquipe de France ce qui nest pas encore le cas aujourdhui. Alors que sans arrêt ils nous disent daider léquipe de France et de former des JIFF. Depuis huit ans maintenant, moi comme dautres, il y a une chose quon ne nous pardonne pas, cest de ne pas être issus du monde du rugby. Et ça on ne nous le pardonnera jamais. Cest un monde où ils veulent rester entre eux, ils veulent se partager le gâteau entre eux, cest très bien. Aujourdhui ils veulent se partager le gâteau créé par dautres entre eux. »