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Blessures au rugby à XV : stop à l'inflation !

La prise de parole de Jamie Cudmore, dans l'édition du 5 août du Midi Olympique, sur la gestion de ses KO par l'ASM lors de la fin de la saison 2014-2015 nous rappelle une fois de plus que les blessures sont en nette augmentation dans le monde du rugby à XV. Mais Nous commencerons par un bilan des blessures au sein de l'effectif de l'ASM, puis nous nous poserons la question de  comment endiguer  nette inflation des blessures.

Les blessures, opérations et longues indisponibilités rythment les saisons des clubs professionnels qui doivent souvent avoir recours aux jokers médicaux. La saison dernière, l'ASM a vu plusieurs joueurs de son effectifs être éloignés des terrains pour de longs mois comme Kayser, Ulugia, Cudmore, Abendanon, Debaty, Raka, Yato, Planté, Zirak...

Il y a grande variété mais aussi un grand nombre des blessures. Les accidents très graves sont par ailleurs très rares au rugby. Les lésions articulaires des membres supérieurs et inférieurs représentent près d'un tiers des lésions. Les membres inférieurs sont le plus souvent atteints.

La fréquence des blessures se répartit habituellement en trois groupes : un peu plus d'un tiers pour les membres inférieurs, un peu moins d'un tiers pour les membres supérieurs et le reste réparti entre la tête, le rachis et le tronc.

Etude du Figaro santé pour le rugby (pro et amateur)

Zones les plus fréquentes des blessures : L'ASM touchée à tous les niveaux

  • à la cheville

Les entorses, sont là aussi fréquentes. Strettle était, par exemple, sorti du match face aux Ospreys avec une entorse de la cheville. Celle-ci peuvent également être plus ou moins graves.

  • à la cuisse / aux ischio-jambiers

Cette saison (et les précédentes) de nombreux jaunards ont été victime de des déchirures ou de contractures musculaires comme Yato, Stanley et Davies. Les béquilles sont souvent moins graves, mais peuvent parfois entraîner des complications.Van Der Merwe fut éloigné des terrains plusieurs semaines à cause des ses ischio-jambiers, tout comme James.

  • au genou

Entre 10 et 15 % des blessures sont localisées au genou. Davies a loupé tout le début de saison 2015-2016 à cause de ses  ligaments croisés. Domingo se ressent  toujours de ses 2 graves blessures et doit fréquemment reposer ses genoux abimés. Les entorses du genou ne sont pas toujours graves, mais certaines laissent les joueurs un long moment indisponibles. Cette saison encore de nombreux joueurs ont été touchés comme Bardy (entorse), Vahaamahina (contusion).

  • aux adducteurs 

8 mois ! C'est l'indisponibilité de Stanley suite à sa pubalgie qui entraina 2 opérations et un long calvaire. Abendanon s'est fait opéré aux adducteurs et a été éloigné des terrains pendant environ trois mois.

  • à la main et/ou au poignet 

Ulugia a été victime cette saison d’une fracture déplacée du cinquième métacarpe de la main gauche qui l'a tenu éloigné des terrains 6 semaines. Les joueurs se luxent parfois un doigt et se le fractures aussi, comme ce fut le cas pour Gear en décembre dernier.

  • à l’épaule 

L'épaule est un des membres supérieurs les plus touchés. Raka, après avoir loupé la fin de la saison dernière ne débutera au mieux la saison qui approche en novembre. Les joueurs se luxent l'articulation située entre l'omoplate et la clavicule (acromio-claviculaire). Cette dernière est souvent récidivante. La luxation de l'épaule est habituellement antéro-interne (oui nous aussi on comprend pas tous les mots). Les rugbymen peuvent aussi parfois se fracturer la clavicule.

  • aux bras

Kayser a terminé sa saison après s'être rompu le tendon du biceps gauche lors du déplacement à Pau. Zirakashvili fut absent plus de la moitié de la saison après s'être fracturé à l'avant-bras droit en décembre.

  • aux cervicales

Cudmore a souffert cette saison d'une hernie discale au niveau des vertèbres cervicales.

Photographie Yves 63

Photographie Yves 63

  • à la face

Zirakashvili et Lopez furent tous les 2 touchés au visage cette saison. Le premier fut victime d'une fracture de l'os maxillaire supérieur (pommette) que lui valu un mois de dispense. Camille Lopez, sorti suite à un plaquage appuyé du duo grenoblois Estebanez-Grice souffrait de plusieurs fractures au niveau de la pommette et du plancher orbital qui le tinrent éloigné des terrains pendant 6 semaines.

Les commotions sont un peu à part. De nombreux joueurs ont du s'arrêter comme Kolelishvili, Parra,Vahaamahina, Lee...

Et globalement dans le monde professionnel?

Depuis 1995, l’évolution des règles, de la pratique et des physiques a engendré un rugby plus rapide, plus percutant, plus fort (mais pas forcément plus beau). En vingt ans, le temps de jeu effectif des rugbymen a doublé (chiffres Le Monde), passant de vingt à quarante minutes.

Le résultat, ce sont des corps qui ont été « industrialisés ». Jonah Lomu, considéré comme un phénomène physique à son apogée a crée des émules chez les staffs et les joueurs. Il est maintenant rare de trouver dans un effectif des joueurs ne flirtant pas avec les 100 kilos.  Le poids des rugbymen a augmenté en moyenne de 10 % en vingt ans.
Capture d’écran 2016-08-05 à 12.38.00

Depuis la saison 2012-2013, l’observatoire médical chargé de suivre les « événements médicaux » du championnat français, le Top 14 a recensé plus de 2 000 sorties de terrain et les a classées par types

Source Le Monde)

Que faire?

Le décès aujourd'hui de l'ancien joueur de rugby, Fabien Fumat paralysé après une mêlée nous prouve une fois de plus qu'il faut réfléchir et agir pour préserver la santé des joueurs. Mais que faire?

  • Après quelques spectaculaires cas de blessures, la Ligue nationale et la Fédération française de rugby ont décidé de mettre en place un protocole commotion (cérébrale) au début de la saison 2012-2013, pour protéger les joueurs. Ce protocole pourrait-être amélioré. Des médecins indépendants spécialisés pourraient être nommés et chargés pendant les matchs du protocole commotion.
  • Une transparence des résultats obligatoire. Voir même l'obligation d'enregistrer les protocoles en vidéos et  les envoyer à la Ligue. Car difficile de savoir si le club pousse le joueur à jouer, ou si c'est le joueur qui veut jouer à tout prix (et dans notre cas qui ment, le président, Cudmore ou les deux).
  • La Ligue doit être très sévère avec ceux qui trichent. Que ce soit en argent voire en points en moins.
  • Pour les autres blessures, sans se transformer en rugby à XIII ou en football américain, le rugby à XV doit évoluer pour préserver ses joueurs. Protections améliorées et/ou des règles qui pourraient (devraient) évoluer pour favoriser le jeu d'évitement (et on pourrait enfin retrouver le French flair)!!


publié le vendredi 05 août 2016 à 19h06 par NicolasTheRock

11 Commentaires

  1. Avatar

    Jamie, tu as toujours été adulé et respecté à l'ASM.
    Au delà de l'analyse de ta sortie médiatique, je trouve juste la forme assez moyenne d'autant plus que ce n'est pas le club qui t'a imposé ta sélection nationale et ta signature à l'USO...
    Le buzz, c'est cool mais tirer sur son ancien club, c'est autre chose.
    Nous n'avions franchement pas besoin de ça pour repartir sur de bonnes bases.
    Déçu 🙁

      
  2. Avatar

    J'ai trouvé cet article très détaillé et très instructif.
    Au delà de ces informations sur le type de blessures et leurs conséquences, je pense que nous assistons de plus en plus à un rugby "rentre-dedans" et ce n'est pas fait pour me plaire.
    Quand on voit les gabarits de certains spécimens (trois quarts comme avants), il ne faut pas s'étonner des chocs subis et autres commotions.
    Je prends comme exemple des garçons comme TUISOVA qui arrive à se traîner pas moins de trois joueurs sans tomber et qui se permettent même le luxe de faire chuter un gros.
    Il faut ajouter à cela l'accumulation des matches liée aux doublons de compétitions et nous avons un savoureux cocktail de pression physique qui vient mettre à rude épreuve les organismes.
    Je suis particulièrement confiant sur les compétences et le travail fourni par le staff médical de notre club et sur le soin qu'il apporte à surveiller les joueurs en adéquation avec le manager général et ses acolytes.
    Charge aux autorités compétents de faire le nécessaire face à certaines pratiques jusqu'ici suspectées...
    Réfléchir aussi à un calendrier adapté ne serait pas du luxe.

      
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      Bonsoir,

      L'évolution des gabarits est en effet impressionnante dans le rugby comme dans d'autres sports, j'avais lors d'un sujet précédent, il y a quelques mois sollicité l'avis éclairé de notre ami doc 63, sur la multiplication des blessures aux ischio- jambiers dans le rugby et sans l'affirmer péremptoirement, il n'avait pas écarté l'hypothèse du dopage et de l'excès de musculation . le sport et le rugby ne fait plus exception depuis son passage au professionnalisme ; tout ceci pourrait être mis en lien avec le récent coup de gueule de Camille Lacourt qui vaudrait son pesant d'or s'il avait été proféré après la conquête d'un titre olympique et non pas sous le coup de la frustration, due à un échec ressenti comme insupportable. Autrement dit, il faut se décider à traquer le mal où qu'il se trouve et en n'importe quelle circonstance et pas seulement quand cela nous arrange au gré des résultats des adversaires ; il me semble plus que jamais nécessaire que comme il existe un comité de surveillance concernant les finances des clubs, la même chose soit réalisée pour la protection de la santé et de l'intégrité physique des joueurs en lien avec les clubs et leurs services médicaux, sinon, on verra un jour où l'autre des joueurs s'écrouler raide mort comme c'est déjà arrivé dans cet autre sport gangrené par l'argent qu'est le football.

        
  3. Avatar

    J'appréciais beaucoup "le bucheron canadien". Malheureusement, je trouve que sa "sortie " à l'encontre de son ancien club n'est pas correcte. Quand on craint pour sa santé, l'on ne part pas jouer en sélection nationale et l'on ne signe pas dans un autre club même si c'est en catégorie inférieure! Bye, bye Jamie.

      
  4. Avatar

    si on a des gabarits hors normes
    s'il y a de plus en plus de blessés
    si le corps médical alerte sur alerte
    c est la faute aux règles du jeu qui favorisent respectivement
    - la puissance
    - les rucks ( ou chacun rentre dedans comme un tracteur)
    - les plaquages de + en + hauts
    a une époque le rugby était un jeu d'évitement
    c est devenu un sport de contact qui devient de plus en plus laid et de plus en plus stérile
    alors au directeurs de ce jeu ( dans son ensemble) de modifier ce jeu pour revenir a un jeu fait de stratégie et
    de passes en lieu et place d un jeu basé sur la force et qui ne ressemble plus a rien
    quant a Cudmore, il pourrait etre plus élégant dans le verbe

      
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      Rien à ajouter, Jojo, si ce n'est qu' il suffirait aux monstres d'aujourd'hui de souffler sur Jeannot Gachassin où sur les frères Boniface pour qu'ils s'envolent dans l'autre hémisphère, mais on ne reviendra pas à ces temps bénis, alors il faut composer et essayer de conserver à ce qui est, un semblant d'éthique et de morale en mettant en place ou en les fortifiant, les instances en charge de la protection du jeu et des joueurs, et vu la place qu'occupe l'argent et la culture du résultat à tout prix ( les 2 sont liés) ça ne sera pas facile et surtout ne croyons pas qu'il existe des agneaux d'un côté et des brebis galeuses de l'autre, parce que tout le monde est concerné et alimente le système.

        
  5. Avatar

    Si on se préoccupait d'abord des individus, de leur santé et de leur ressenti on ferait de la prévention efficace contre les blessures des sportifs.
    «La santé est un engagement fort de longue date de la Fédération Française de Rugby. En se donnant comme enjeu prioritaire de préserver la santé de tous les pratiquants.»
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