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Il y a 15 ans

Après une saison 94/95 compliquée, qui faisait pourtant suite à une finale du championnat perdue contre Toulouse 22-16, et à une finale de challenge Yves Du-Manoir, perdue elle aussi contre Perpignan (18-3), l'ASM jouait un match au Bouscat contre le S.B.U.C (actuel Bègles) en coupe Moga. Le perdant du match devait descendre en division inférieure la saison suivante.
Environ 500 supporters de l'ASM s'étaient déplacés en Gironde.

L'entame de match était en faveur de l'ASM après un essai de Costes à la 6éme minute, mais le SBUC reprenait les choses en main et menait 13-05 à la mi-temps.
Tout le monde était tendu : l'ASM allait-elle descendre en division inférieure, après 70 ans passés dans l'élite ?
Au retour des vestiaires, le S.B.U.C accentua son avance avec une pénalité de Bonhur, l'ASM lui répondit par 2 drops et 1 pénalité.
L'engagement physique des deux équipes était limite, le score était de 15-13 quand arriva la 80éme minute.

Gaétan Hery tapa alors un drop mais se le vit refuser par l'arbitre alors que la majorité des gens le vit passer entre les poteaux.
A la suite du renvoi au 22, l'arbitre accorda une pénalité à la 85ème minute à près de 50 mètres des poteaux. Gaétan Héry s'élança et passa la pénalité. L'arbitre siffla la fin du match. Bernard Laporte (l'entraîneur du S.B.U.C à l'époque) vit sa licence retenue pour propos incorrects. Les supporters envahirent la pelouse. Le match se termina dans la confusion générale mais l'ASM était sauvée.
LA FICHE DU MATCH
Quelques questions au héros du jour: Gaétan Héry

hery

- Gaétan : comment l'ASM, après avoir joué une finale la saison précédente, se retrouvait-elle à jouer son avenir sur un match ?
Les finales 94 ont été magiques, perdues mais magiques. Apporter tant de joie aux supporters en 1/4, 1/2 et finale du championnat et du Manoir restera toujours en nous, tellement ce fut fort, pour nous joueurs comme pour tous...
Nous sommes restés assez longtemps sur notre nuage en 95 mais la chute fut rapide, le groupe n'avait pas été changé a l'intersaison avec sûrement trop de suffisance de notre part lors du début de saison. Après la spirale était enclenchée.

- Quels sont tes souvenirs de joueur sur ce match, l'engagement physique était limite des deux côtés si mes souvenirs sont bons ?
En 1992 j'étais ouvreur quand on prend 37 à 3 au Michelin, lors d'une déculottée mémorable (15.000 spectateurs au début, plus que la moitié à la mi temps). Ils nous avaient humiliés...
Après ils ont été champions. Mais en 1995 pour la plupart d'entre nous, ils ne faisaient plus peur et surtout devant. C'est là que le match se gagne (à l'époque gagner à l'extérieur relevait de l'exploit), le huit de devant avec Marocco, Lhermet et surtout Eric Lecomte a dominé les Rapetous et n'a jamais baissé les yeux. Et dès le début du match la motivation et l'impact physique apporté par Eric Lecomte dans les duels au sol (la règle n'était pas celle de maintenant) nous ont montré que nous pouvions les battre.
Les souvenirs sont multiples mais le fait de n'avoir pas baissé les yeux devant eux dès le début reste un moment fort.
Saint-André insultant l'arbitre aussi, j'en rigole aujourd'hui mais sur le coup on était vert car il était impensable que l'on perde, d'où peut être l'énergie déployée pour gagner.

- Raconte-nous la fin du match quand tu marques et que l'ASM gagne ce match si important dans l'histoire du club, à quoi tu penses quand tu dois taper cette pénalité ?
Juste avant je tape un drop de 35m, qui à mon avis passe, l'arbitre décide que non. Jamais je n'avais vu Philippe Saint-André aussi énervé que ca, il insultait l'arbitre, on croyait que notre sort était scellé... Mais à notre surprise, l'arbitre, sûrement un peu déstabilisé par Philippe, décide de faire jouer le renvoi au 22 : il tape dans un coin à 50m vers Da-Cunha qui reçoit la balle et l'adversaire... faute et ultime pénalité.

Une fois la pénalité sifflée par l'arbitre, je ne me suis pas posé de question, c'était moi l'ouvreur et le buteur. J'avais réussi quelques pénalités avant, donc c'était dans la continuité.
Il faut remercier premièrement Eric Nicol d'avoir eu une gastro dans la semaine sinon je n'aurai pas joué, mais aussi Gilles Darlet de m'avoir fait confiance, car d' habitude c'est lui qui tapait de loin, et Jean-Marc Lhermet qui est resté à côté de moi en m'encourageant.
J'ai posé la balle, regardé rapidement où étaient les poteaux et j'ai tapé aussi fort que possible. En levant la tête j'ai compris de suite. Je me retourne et je me souviendrai toujours du regard noir de Bernard Laporte qui était à 10m de moi, déconfit, ainsi que de la joie de mes coéquipiers. PSA sautait partout, il m'a glissé un mot dans l'oreille que je tairai mais ça m'a fait plaisir. Ce coup de pied réussi venait de concrétiser le travail énorme d'une équipe qui avait su se retrouver au bon moment.
Joie de tous on venait de sauver notre saison...

publié le vendredi 16 avril 2010 à 11h46 par vulcain

7 Commentaires

  1. Avatar

    putain ,j'y étais j'avais pris ma voiture tout seul et je me rappelle de la trouille énorme et du sentiment que le sbuc avait quand même mieux joué (notamment un bel essai de 3/4). les gens dans les tribunes qui nous disaient "ça c'est du rugby" on pouvait pas prétendre le contraire et on était surtout très inquiets. et puis la délivrance, totalement imprévisible et incroyable à cette distance et dans cette position, c'était un peu je tape et inc'h allah. et la suite on la connait (6 finales de plus + 3 finales européennes)

  2. Avatar
    Auvergnat de Paris le 18 avril 2010 à 08:06

    Comme quoi, ça nous arrive aussi de gagner des matches décisif d'un point... 😉
    Merci pour ce beau témoignage. A reproduire !
    Cela me rappelle la déclaration de JML à la fin de la finale 94 : "On donne du bonheur à beaucoup de gens, et c'est ça l'essentiel".
    Belle devise pour ce sport et ce club.

  3. Avatar

    J'ai l'impression que dans cet article, il y a une petite confusion entre le SBUC et Begles-Bordeaux, à cette époque en première division de Rugby, il y avait deux clubs bordelais. et même si plusieurs anciens béglais avaient tenté l'aventure du SBUC (Laporte, Moscato, Techoueyres... ) et je crois même certains futurs montferrandais (sentenac, sarraute... (me semble-t-il). Les deux clubs n'ont rien à voir l'un avec l'autre.

    En revanche, la décullotée au michelin, c'était bien Begles...

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